Le musée Serlachius en bois est une partie de l’expérience

Le musée Serlachius en bois est une partie de l’expérience

serlachius museum
L’agrandissement du Musée Gösta de la Fondation Serlachius à Mänttä, Finlande, a une superficie de près de six mille mètres carrés. Construit à côté de l’ancien bâtiment de musée, il vient d’ouvrir ses portes au public. Les structures de ce pavillon en bois d’une longueur de 135 mètres sont en bois lamellé et le revêtement en planches verticales traitées.

M. Henrik de la Chapelle, président de cette fondation d’art, considère qu’il était naturel de choisir le bois  comme matériau de construction. - Un bâtiment moderne en bois est très approprié si l’on pense à l’histoire industrielle de cette société et de cette localité. Le résultat final est parfait. Ce pavillon en bois est en interaction avec le manoir, l’environnement et la nature. Ce n’est pas uniquement un bâtiment, mais aussi une partie de l’expérience, dit M. de la Chapelle.

Le cabinet espagnol MX_SI a dessiné les plans pour ce bâtiment de 4500 mètres carrés. Le cabinet d’architecture finlandais Huttunen-Lipasti-Pakkanen s’est chargé de la planification ultérieure de ce projet.

Les architectes Hector Mendoza, Boris Bezan et Mara Partida du cabinet espagnol ont participé à ce projet. - L’emploi du bois était inscrit dans les conditions du concours d’architecture et nous avons compris que, en tant que matériau local, le bois était bien adapté à cette localité connue pour l’industrie de la transformation du bois, dit M. Mendoza. Pour nous, ce projet était un processus d’apprentissage qui nous a permis de comprendre comment construire un bâtiment en bois massif et comment protéger les œuvres d’art dans un climat difficile. Le résultat final est encore plus beau que ce que les dessins permettaient d’attendre. Nous avons recherché une interaction avec l’ancien manoir et ce paysage.

Ossature en bois lamellé

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Pour l’architecte Hector Mendoza, l’emploi du bois dans la construction et notamment les structures en bois lamellé étaient une nouvelle expérience.
- Durant la phase de conception, de nombreux entrepreneurs du bâtiment ont douté de l’emploi du bois dans un musée. Le bois lamellé-collé est généralement utilisé dans des halls industriels ou des sports, mais nous avons désiré l’employer dans un musée. Le bâtiment tout entier repose sur une ossature en bois lamellé. La construction d’un bâtiment en bois avec une portée de 24 mètres était très intéressante et nous a permis de créer un très grand espace architectonique.

Ce bâtiment contient 101 cadres en bois lamellé-collé dont certains sont visibles et d’autres non. La structure en bois lamellé supporte le bâtiment, crée de l’espace et lui donne sa particularité. Les sols intermédiaires sont en béton et ils sont fixés sur l’ossature en bois. Le bois lamellé et les revêtements extérieurs sont en sapin et les planchers en chêne avec peu de nœuds et de teinte noire.

- Les revêtements ne sont pas de la couleur naturelle du sapin, car nous les avons traités avec une couche de finition blanche. Les fibres du bois se perçoivent sous la mince couche de peinture, mais la peinture blanche est en meilleure harmonie avec les murs blancs et le plancher noir du musée.

M. Mendoza dit qu’il avait été étonné de la variété des possibilités d’utilisation du bois dans la construction.  - Nous avons également employé le bois sur les façades. Comme le bois devait être visible sur l’extérieur du bâtiment, nous y avons placé des éléments en bois qui répètent la structure de l’intérieur. La conception structurale a été effectuée à l’aide de la modélisation 3D qui donne des précisions au millimètre près dans la construction en bois, explique M. Mendoza.

Nouveaux matériaux de construction en vue

Les solutions comportant une bonne efficacité énergétique et économes en énergie font partie de la construction de l’avenir selon M. Mendoza. - Le bois mène ce concours. Il vaut la peine d’étudier les matériaux et les méthodes employés pendant des siècles lorsque l’on recherche des solutions pour la construction durable et écologique. Nous n’avons pas besoin de changer entièrement les méthodes de construction employées actuellement, mais nous devons faire une recherche sur les parties de la technique de construction moderne et les méthodes de construction anciennes qui nous seront utiles pour créer le meilleur résultat final.

M. Mendoza fait remarquer que la recherche-développement sur de nouveaux matériaux qui remplaceront une partie des anciens est en cours. - J’ai vu quelques prototypes de bâtiments construits en matériaux recyclés. Il n’y aura plus de déchets issus de la construction, car tout pourra être recyclé. Nous pourrons aussi réduire au minimum l’emploi des matériaux et renforcer les ressources. Il sera également possible d’intégrer différents matériaux, tels que des matières à base de pâtes chimiques, avec le plastique.

Du point de vue de l’architecture et de la construction, M. Mendoza considère que la technologie numérique ouvre de nouvelles portes à une variété architecturale et à de nouveaux usages. - Nous pouvons maintenant construire des structures avec une précision d’un centième de millimètre, ce qui n’est même pas visible à l’œil humain. L’impression 3D et les coupeuses au plasma, par exemple, sont de plus en plus répandues et conviennent aussi à des projets de construction dans lesquels le budget est très restreint.

Grâce à cette technologie d’impression, beaucoup de nouveaux matériaux seront disponibles dans la construction, pense M. Mendoza. - Cela pourra conduire à une architecture tout à fait nouvelle. Durant la période de l’architecture rationnelle, toutes les décisions étaient prises tout simplement du point de vue des coûts et de l’économie de l’énergie. Une simplicité, un rapport coût-efficacité et une rapidité encore plus grands résulteront de la nouvelle technologie.

Le nouveau pavillon de musée fait partie de l’expérience

Deux projets de conception importants sont en cours en Finlande, à savoir ceux des musées d’art Amos Anderson et Guggenheim à Helsinki. Notamment la conception du musée Guggenheim suscite des attentes considérables relatives à l’emploi du bois.

  - On pourrait se demander pourquoi nous dépensons près de 20 millions d’euros dans la construction d’un nouveau pavillon et n’utilisons pas cette somme pour acheter un contenu, des œuvres d’art. A notre avis, ce pavillon est dans sa totalité un projet devant apporter un contenu, car ce bâtiment fait en soi partie de l’expérience, dit M. Henrik de la Chapelle, président du conseil de surveillance. Ce bâtiment s’attache étroitement à l’histoire de la société Serlachius qui dirige des activités d’exposition depuis 1945.

 

Artikkelipalvelu Markku Laukkanen

Informations complémentaires:
M. Henrik de la Chapelle, président de la fondation d’art,  +358 3 488 6800
M. Hector Mendoza, architecte, +34934151987, contact@mx-si.net