La construction en bois permet de ralentir le changement climatique

La construction en bois permet de ralentir le changement climatique

M. Matti Kuittinen, chercheur à l’Université Aalto, considère le changement climatique comme étant le plus grand défi pour l’homme et l’écosystème tout entier. Le taux de CO2 dans l’atmosphère est passé, en quelques siècles, de 300 à 400 parties par million, issues entre autres de la combustion des carburants fossiles. Afin d’éviter une catastrophe environnementale fatale, une convention internationale prévoit de limiter le réchauffement global à 2 degrès Celsius. Pour ne pas le dépasser, un maximum d’un trillion de tonnes de CO2 pourra être dégagé dans l’atmosphère. Ce chiffre est pour l’instant d’environ 0,6 trillion de tonnes, mais la quantité des émissions est en croissance rapide. Si nous continuons sur le chemin de ”Business-as-usual”, un trillion de tonnes de CO2 sera atteint dans 27 ans.

 

M. Matti Kuittinen, chercheur à l’Université Aalto, considère le changement climatique comme étant le plus grand défi pour l’homme et l’écosystème tout entier. Le taux de CO2 dans l’atmosphère est passé, en quelques siècles, de 300 à 400 parties par million, issues entre autres de la combustion des carburants fossiles. Afin d’éviter une catastrophe environnementale fatale, une convention internationale prévoit de limiter le réchauffement global à 2 degrès Celsius. Pour ne pas le dépasser, un maximum d’un trillion de tonnes de CO2 pourra être dégagé dans l’atmosphère. Ce chiffre est pour l’instant d’environ 0,6 trillion de tonnes, mais la quantité des émissions est en croissance rapide. Si nous continuons sur le chemin de ”Business-as-usual”, un trillion de tonnes de CO2 sera atteint dans 27 ans.

- Les Nations Unies, la Banque mondiale et l’OCDE soulignent qu’un virage rapide vers une économie et une croissance vertes est attendu de l’économique mondiale, rappelle M. Kuittinen.

L’absorption du carbone dans le sol, la mer et les forêts est, selon M. Kuittinen, un moyen naturel pour égaliser le niveau des gaz à effet de serre. La sylviculture offre le moyen éventuellement le plus simple pour renforcer ces processus naturels. Le carbone s’emmagasine dans les arbres et le sol dans une forêt durablement gérée.

- Après l’abattage et la transformation en produits des arbres, le carbone stocké dans la masse forestière ne réchauffera pas l’atmosphère durant le cycle de vie des produits, dit M. Kuittinen. La présence des pousses d’arbre dans une forêt permet également d’absorber le carbone de l’atmosphère. Ainsi les forêts de production peuvent être vues comme une pompe qui transfère le carbone de l’atmosphère vers des produits en bois. Pour obtenir un effet maximum, il faudrait continuellement abattre des arbres et les transformer en produits de longue durée, tels que les produits de construction et les meubles.

Une restructuration est requise dans le Bâtiment

La construction en bois permettrait, selon M. Kuittinen, de diminuer l’empreinte carbone du secteur du Bâtiment de plusieurs dizaines d’unités en pourcentage. Une quantité considérable de bioénergie neutre en carbone serait produite comme sous-produit de la construction.

- La croissance des forêts européennes est supérieure à leur emploi, souligne M. Kuittinen. Nous avons donc les moyens d’augmenter l’emploi du bois. L’humanité n’a pas l’embarras du choix de bons pratiques pour modérer le changement climatique. Augmenter l’emploi du bois dans la construction est un pas facile et rapide dans la bonne direction.

La part de la construction et du logement sur la totalité des émissions des gaz à effet de serre s’élève à environ 40 %.  L’objectif fixé par l’Union européenne est que tous les bâtiments construits après 2020 soient près du niveau de maison énergie zéro, ce qui signifie qu’elles produisent environ autant d’énergie qu’elles en consomment

-  Une maison énergie zéro peut être bâti en bois, en acier, en briques, en béton et en verre, explique M. Kuittinen. Ces divers matériaux de construction laissent toutefois une empreinte carbone très différente selon leur méthode de fabrication. Si l’on utilise le bois pour construire une maison passive et la fibre du bois pour l’isoler, son empreinte carbone est d’environ 40 % inférieure à celle d’une maison passive construite en blocs de béton et isolé avec du polystyrène, explique M. Kuittinen.

Un bâtiment en bois emmagasine une quantité considérable de carbone dans son ossature et sa fabrication consomme environ 30 % moins d’énergie primaire. Si les pièces d’un bâtiment en bois sont brûlées après recyclage, elles produisent une quantité d’énergie supérieure à celle que la fabrication de ce bâtiment et le recyclage de ses parties ont consommée.

Taxe à l’empreinte carbone des produits de construction

Afin d’atteindre cet objectif, M. Kuittinen pense qu’il faudrait, en se basant sur la feuille de route pour une Europe efficace dans l’utilisation des ressources, mettre au point un modèle d’imposition dans lequel des prix seraient calculés pour l’empreinte carbone des produits de construction. – Dans la vente automobile, cette méthode de guidage s’est montrée efficace. Une volonté politique est cependant nécessaire, car le marché ne semble pas se diriger dans un sens plus écologique sans orientation sociale.

M. Kuittinen est certain que l’imposition progressive des émissions aiderait à distinguer la croissance économique et la charge environnementale. Le secteur du bâtiment pourrait ainsi promouvoir une croissance économique durable. – Une imposition intelligente encouragerait le développement d’une industrie du bâtiment favorable à l’environnement sur les marchés intérieur et extérieur. L’augmentation de la construction en bois fournirait un point de départ logique à une croissance économique verte et les forêts  gérées durablement offriraient à l’avenir les mêmes ressources qu’aujourd’hui.

M. Kuittinen pense que des fiches environnementales devraient être établies pour tous les produits de construction. Les nouvelles normes européennes et internationales fournissent de bonnes instructions pour le faire. - Ces fiches permettraient de collecter des données environnementales relatives aux murs, aux toits et aux sols des maisons passives. Ces données pourraient ensuite être jointes aux évaluations des prix de parties de bâtiments rassemblées actuellement. Ainsi il serait facile pour les architectes de choisir la solution la plus éco-efficace pour chaque emploi. Les fiches environnementales permettraient aussi de mieux comparer les effets environnementaux des produits dans les marchés publics.

Des primes sont également nécessaires pour atteindre l’objectif. Elles pourraient être liées aux plans d’occupation des sols. - On accorderait, par exemple, un permis de construire plus étendu pour le terrain si l’ossature de la maison à bâtir était en matériaux de construction renouvelables, propose M. Kuittinen.

- Les aides à la rénovation pourraient comprendre une augmentation progressive selon la sobriété en carbone de la rénovation. La taxe foncière pourrait être rendue progressive selon l’empreinte carbone de la fabrication et de l’emploi du bâtiment. Ces moyens créeraient aussi une demande pour la construction sobre en carbone, dit M. Kuittinen.

 

Artikkelipalvelu Markku Laukkanen

Informations supplémentaires : Matti Kuittinen, 050 594 7990,  matti.kuittinen@aalto.fi